Non seulement le bilan énergétique est catastrophique à l’exception de l’huile brute ; mais voilà que, non comptant de l'accumulation de pesticides dans les sols pour cause de culture intensive, les réserves d’eau de la planète risquent d’être les principales victimes de cette « agrocarburomania ». Jugez plutôt : quand la technique est au point comme au Mexique par exemple, un litre d’éthanol n’aura coûté « que » 100 litres d’eau ; j’écris « que » parce que la même technique aux Etats-Unis, en Chine ou en Inde, selon le type de plante coûte 500 litres d’eau, le litre d’éthanol, 2500 litres voir 3400 litres entre Gange et Indus ! Une catastrophe pour des régions où il faut déjà, pour cause de culture intensive, descendre à 1000 mètres de profondeur pour trouver de l’eau et où, 90% des puits privés sont déjà à sec. Sans parler du détournement d’une partie non négligeable de la production de céréales, responsable pour partie des « émeutes de la faim ».

C’est comme ça que les technologies « vertes » sont régulièrement montrées du doigt par leur détracteurs, comme étant au final plus mauvaises pour l’environnement que bonnes. Faut-il pour autant, au nom des bêtises passées et futures renoncer à toute volonté d’innovation ? Surtout pas ! Déjà les bio(agro)carburants de 2ème génération pointent le nez. Ils seront issues de filières où l’on aura valorisé la graine pour s’alimenter et le reste de la plante pour se déplacer. Sous réserve d’exploitation agricole durable, on pourra vite oublier cette 1ère génération de biocarburant plutôt désastreuse. Toute avancée technologique ou comportementale passe par ce genre d’erreur, voir d’impasse. Et il y en aura d’autres ; c’est le passage obligé du processus d’amélioration qui préside à toute innovation. S’en servir pour remettre en cause le développement des technologies « vertes » n’est souvent malheureusement, qu’un mauvais prétexte pour justifier l’immobilisme !