Selon un analyste de la banque Golmann et Sachs (Le Monde du 9 mai), le baril pourrait rapidement monter à 150$ voir 200$. Cette nouvelle est bien entendu, catastrophique pour l’économie américaine qui n’avait pas besoin de cela, mais aussi pour le reste de la planète et notamment pour l’Europe.
Ce pessimisme n’est pas partagé par la totalité des analystes ; selon certains, il s’agit pour l’instant, d’une hausse purement spéculative. Elle devrait se dégonfler à la faveur d’un renversement de tendance dans l’appréciation du dollar. Cette situation ramènerait le prix de l’or noir à un niveau plus acceptable par les économies. On estime que le coût théorique du baril se situe aux alentours de 80 dollars ; la différence résulte de la spéculation basée sur une demande soutenue, une stabilité globale de la production (quand ce n’est pas une baisse comme c’est le cas en Russie notamment) et enfin, une faiblesse réelle de la monnaie américaine.
Il faudrait presque souhaiter que cela n’arrive pas. Ce répit donnerait une fois de plus l’illusion que nous avons encore le temps de voir venir l’époque d’une ressource devenue rare et chère. La situation actuelle toute inquiétante qu’elle soit, a le mérite de frapper les esprits et d’accélérer les comportements vertueux en matière de consommation d’énergie. Elle a aussi le mérite, s’ils en ont la volonté, de pousser les Etats à prendre des mesures pour soutenir les catégories à faibles revenus et à imaginer une relance « verte », créatrice de valeur pour les entreprises et la société. De toute façon, cette crise interviendra tôt ou tard.
Prendre de l’aspirine ou casser le thermomètre n’a jamais réglé le problème d’une fièvre persistante ! Cette situation, aussi gênante soit elle, a le mérite de nous faire atterrir dans un monde aux ressources rares et chères.