Le navire (130 mètres de long et 22,5 mètres de large) n'est pas un voilier au sens classique du terme ; 4 cylindres rotatifs verticaux de 25 mètres de haut, qu’on appelle aussi des "turbovoiles". Ces voiles tubulaires métalliques doivent permettre, sur les longues distances, de réduire de 30% à 50% la consommation de carburant du cargo.


Comment ça marche ?

Le principe physique exploité est connu depuis 1920 ; il fait appel à l'effet Magnus : on exploite le vent latéral et la rotation du cylindre pour créer une importante dépression sur le cylindre rotatif. Résultat la dépression « tire » le navire comme dans le cas d’une voile classique, le vent tire le navire contrairement à ce que l’on croit. C’est comme l’avion ; c’est la dépression au dessus de l’aile qui tire l’avion vers le haut. L'effet Magnus est également exploité au football pour la trajectoire travaillée des tirs de coups-francs. Il explique également l'effet plongeant d'une balle de ping-pong lors d'un smash.

Au début des années 1980, l'océanographe français Jean-Yves Cousteau avait déjà équipé son navire de recherche "Alcyone" de turbovoiles d'un genre particulier. Cette technologie ne date pas d’aujourd’hui. Le dernier "cargo voilier" avait traversé l'Atlantique en 1926.

Cette technologie est restée dans les cartons pour cause d’un prix de carburant à l’époque très peu cher et la préoccupation climatique n’était pas encore à l’ordre du jour. Mais aujourd'hui, la donne est bien entendu différente. Les spécialistes estiment que la hausse du carburant a renchéri de 9% le prix du transport maritime.

L'achèvement des travaux de finition sur l''E-Ship I" (c’est son nom de baptême) et sa première sortie sont prévus pour fin 2008.