L’américain Harry Saunders, spécialiste de l’énergie, a accumulé suffisamment de preuves pour se convaincre de son existence.

Son principe est simple et moins paradoxal qu’il n’y parait à première vue : en diminuant les factures, tout gain d’efficacité énergétique - une chaudière plus performante, un bâtiment mieux isolé, un moteur automobile moins gourmand - incite en réalité à augmenter les consommations. Puisque sa nouvelle chaudière plus économe en énergie lui permet de se chauffer pour moins cher, le particulier réglera la température sur 20°C au lieu de 19°C. Et sa nouvelle voiture à moteur diesel étant plus économique que son ancien modèle à essence, l’automobiliste alignera plus volontiers les kilomètres. Parfois, la technologie, au lieu de diminuer les consommations, alimente même leur croissance, avec ce que les économistes ont joliment baptisé un « retour de flamme ».
Exemple : pour ne pas user trop vite les ampoules à basse consommation sensibles aux minuteries des cages d’escalier, bien des gestionnaires d’immeubles préfèrent… les laisser allumées toute la journée ! Le gain d’efficacité - elles consomment cinq fois moins que les ampoules à filament - est alors réduit à néant.
Aussi imparfaites soient-elles, toutes les études concordent au moins sur un point : l’effet rebond n’est jamais nul. Autrement dit, les économies d’énergie se révèlent toujours inférieures à ce quelles auraient pu être.
Toutefois, « même si l’effet rebond atteint 30%, 70% du potentiel d’économies d’énergie est tout de même réalisé et cela justifie les efforts d’efficacité énergétique.
D’où l’impérieuse nécessité d’accompagner toutes mis en place d’un nouvelle équipement, d’un programme de sensibilisation et d’information qui incite à la vigilance pour contrer ce fameux et très gênant « effet rebond ».