Ces chiffres expliquent l’inquiétude des chercheurs qui estiment que les projets de développement des agrocarburants en Chine et en Inde vont aggraver les problèmes d’eau et fragiliser les cultures vivrières.
La Chine est déjà le troisième producteur mondial d’éthanol, dont les ¾ sont tirés du maïs, gros consommateur d’eau ; qu’à cela ne tienne, elle veut multiplier sa production par quatre d’ici 2020. Cet objectif est d’autant plus dangereux pour la Chine et l’Inde, que la situation n’est pas du tout comparable au Brésil ou aux Etats-Unis en matière de ressources en eau. Dans ces 2 pays, les pluies apportent une bonne partie de l’eau nécessaire à la canne à sucre ou au maïs pour pousser, en Chine et en Inde ces cultures dépendent essentiellement de l’irrigation alors que ces 2 pays sont déjà confrontés à de graves problèmes de ressources en eau, au point d’envisager déjà des solutions pharaoniques, controversées pour apporter l’eau dans les régions les plus sèches. En l’état actuel, sans prendre en compte le développement des cultures pour les agrocarburants, l’Inde et la Chine auront du mal à répondre aux besoins alimentaires d’une population croissante.
D’autres cultures, comme le jatropha ou le sorgho, qui ont moins besoin d’eau, permettraient à ces deux grandes puissances émergeantes d’assurer leur indépendance énergétique en préservant leurs réserves en eau. Il n’en reste pas moins que les nations Unis sont en passe de demander un moratoire concernant les cultures d’agrocarburants au vu des impacts environnementaux et alimentaires liés à leur développement.