La Banque mondiale a déclaré le principe d'universalité des terres, elles font donc maintenant partie du marché ; conséquence directe: chacun peut cultiver ses plates-bandes sur des terres étrangères.
Si cette démarche peut s’expliquer dans le cas de pays comme l’Arabie Saoudite, les émirats Arabes ou Djibouti, le cas de Daewoo la Coréenne semble être d’une toute autre nature ! Elle pourrait bien vouloir un autre type d'autosuffisance, en biocarburants par exemple. Sachant qu'ils sont les premiers importateurs de maïs, qu'ils fabriquent beaucoup de voitures, et que leur huile de palme pourrait servir à autre chose que l'alimentation...

Le gouvernement malgache est dans une logique d'ultralibéralisme total : quatre hommes et une « hyper mécanisation » remplaceront 2000 familles pour gérer 1 000 hectares !... On imagine l'exode vers les bidonvilles de ces familles chassées. Les 6 milliards de dollars de contrepartie versés par la Corée du Sud, (moins les pourcentages habituels réservés aux dirigeants…) seront investis dans des routes, ponts et voies ferrées. Ces infrastructures créeront des emplois, mais cela ne résoudra pas le chômage structurel lié au manque d’activités industrielles qui frappe des centaines de millions de personnes.
Peu connu du grand public, ce « néocolonialisme » prospère aussi au Brésil, qui loue des terres aux pays scandinaves pour qu'ils produisent de la forêt. Puits de carbone certes, mais surtout de cellulose, utilisée pour les agrocarburants de seconde génération. Une tendance qui porte à craindre de voir les populations des pays du sud grossir les bidonvilles et perdre les terres qui les nourrissent déjà insuffisamment.