La vielle Europe n'est pas la seule à se méfier des organismes génétiquement modifiés (OGM). (L'Allemagne vient d'ailleurs de rejoindre le cortège des méfiants en bannissant le maïs Mon810 de son territoire). Aux Etats-Unis, patrie du groupe Monsanto, un rapport publié mardi 14 avril par l'Union of Concerned Scientist (UCS), un groupe indépendant d'experts né dans le giron du Massachusetts Institute of Technology (MIT), remet en cause le principal argument des fabricants de semences modifiées: ceux-ci afficheraient de bien meilleurs rendements. De là à pensez que l'on pourra résoudre les problèmes de la faim dans le monde grâce à ces OGM... Il n'y avait qu'un pas que les semenciers, MONSANTO en tête, franchissaient allégrement.
Oui, mais voilà, après vingt ans de recherches et treize ans de commercialisation, les fermiers américains grands utilisateurs de ces semences n'ont pas récolté davantage ; en comparaison, l'agriculture traditionnelle continue d'avoir de meilleurs résultats selon les analystes. Pour aboutir à cette conclusion, ces biologistes ont passé au crible toutes les statistiques et études académiques publiées sur le soja et le maïs, les deux cultures transgéniques les plus répandues aux Etats-Unis, où près de 90 % des surfaces plantées en soja le sont en OGM, tout comme plus de 60 % des surfaces consacrées au maïs.
Résultat de ces analyses: on observe une hausse de 7 % à 12 % pour ceux destinés à résister aux insectes. La hausse de la productivité observée au cours des dernières années tient davantage à d'autres facteurs d'innovation agricole.
Ce rapport n'est pas le premier à dénoncer la "fausse promesse" des OGM.
Plus convaincant encore, ce constat n'émane pas seulement de cercles réputés hostiles aux biotechnologies. En 2006, les chercheurs du ministère américain de l'agriculture, faisant le bilan des dix premières années de cultures transgéniques, ne constataient pas d'amélioration significative des rendements. Alors que les enquêtes réalisées auprès des fermiers montraient que ce point constituait la principale raison de se tourner vers les OGM.
Une pièce supplémentaire à verser au dossier !