Au contraire des véritables déserts, comme le Sahara, les zones du Sahel devenues désertiques sont encore fertiles en profondeur. Toute la difficulté pour les cultures consiste à les atteindre. La chaleur ne favorisent pas un arrosage en surface. La consommation d'eau est trop importante, l'évaporation est quasi-immédiate. Dans ses conditions, l'enracinement et la croissance d'un arbre est impossible.
Pour que les racines atteignent les zones humides du sous-sol, l'ingénieur agronome, Jacques Gasc, a imaginé un système d'irrigation raisonné et économique. A côté de chaque plant, à une largeur de main à peine, une sorte d'embout noir dépasse du sol. Cet entonnoir est la face visible de l'Irrigasc, une gaine de polypropylène biodégradable. Le litre d'eau versée dans la gaine trois fois par semaine s'écoule et se diffuse au travers des trous du tube. Qui agit sous terre comme un goutte-à-goutte. Imbibant le sol peu mais suffisamment pour "attirer" les racines toutes proches vers le bas, plus en profondeur, vers la zone humide. L'efficacité de ce tuteur quasi-naturel est de 95 %, tout en dépensant 10 fois moins d'eau ».

Testé depuis 1996 à petite ou plus grande échelle, au Sénégal et dans d'autres pays africains, les résultats ont dépassé les espérances. Avec le retour de l'humidité, l'écosystème entier se trouve relancé. Même les pluies sont de retour. Aujourd'hui près de 150 000 arbres ont été plantés de cette façon, bien plus que les 20 000 initialement prévus.
Grâce à ce procédé, de nombreuses économies de diverses natures sont réalisées :

  • Des économies d'eau: 3 litres seulement suffisent par plantation et par semaine sur une période de deux années. Ce qui correspond à 90% d'économies par rapport à des procédés traditionnels.
  • Des économies de travail : les taches d'arrosage et de désherbage sont très réduites,
  • Des économies d'engrais et de pesticides : leur utilisation est optimisée parce qu’elle est localisée au niveau de la gaine
  • Des économies d'équipement : le stockage de l'eau restent très rudimentaires et ne nécessitent aucun investissement mis à part la construction du puits


Plus de 200 000 arbres plantés à ce jour dans divers pays sahéliens. Près de un million d'arbres sont en court de plantation et Plus de un million de pieds de manioc sont également en cours de plantation. Globalement, les taux de réussite sont tout à fait exceptionnels (> 97%).