Ce genre de défi n’est pas isolé aux Etats Unis où la compétition est engagée dans les entreprises, pour décrocher la timbale du groupe le plus vert.

Ray Anderson a transformé de fond en comble une compagnie qui, selon ses propres termes, « était tellement gourmande en produits pétroliers qu'on aurait pu la considérer comme faisant partie de l'industrie chimique ». Après onze ans d'efforts, Interface a réduit de 82 % ses émissions de gaz à effet de serre, tandis que la consommation d'eau a diminué de 66%. L’objectif « impact nul sur l'environnement d'ici à 2020 », n’est rien de moins que de mettre son entreprise sur l’orbite de l’économie circulaire. « Ne rien prendre à la Terre qui ne soit rapidement et naturellement renouvelable, et ne pas endommager la biosphère» est le mot d’ordre donné par son leader. Cette stratégie a été incroyablement bénéfique sur le plan des affaires selon l’aveu même de son PDG.

En cherchant à allier efficacité et durabilité, Interface n'agit pas seulement sur le produit. Son entrée dans ce qu'il qualifie de "nouvelle révolution industrielle écologique", est illustrée par la diminution de 75% de ses déchets mis en décharge et de 75% de sa consommation d'eau par unité de production. La réduction du gaspillage lui aurait fait économiser 372 millions de dollars depuis 1995. Pour arriver à l’objectif, la feuille de route est simple et se résume en sept points capitaux :

  • Eliminer le gaspillage, les produits toxiques,
  • Utiliser les énergies renouvelables, créer des processus cyclique,
  • Optimiser les transports, sensibiliser les parties prenantes,
  • Trouver un nouveau modèle de commerce.

La taille n’empêche pas les rêves puisque cette entreprise est présente dans plus de 100 pays, compte 5 000 salariés et totalise un chiffre d'affaires de 1 milliard de dollars. Pour ceux qui en doutaient, l’économie circulaire, ça marche.