Encore un psychodrame dont nous, français, sommes spécialistes... On crie avant d’être battus, on gémit avant d’avoir mal. Personne ne sait encore exactement quel en sera le montant, les modalités d’application ou son périmètre mais déjà, du «responsable» politique ou cafetier du coin, tout le monde émet un avis sur le sujet. A l’instar du rapport ATTALI, qui en son temps avait mis les taxis dans la rue, voilà que tout à chacun confond «rapport» et «projet de loi».

Mais de quoi parle-t-on au juste ? Ni plus ni moins que de mettre en place sur le long terme, un mécanisme de transfert fiscal qui permettrait de favoriser les activités non polluantes et respectueuses des ressources naturelles au détriments des activités polluantes et non durables. En d’autres termes, préparer l’avenir ; le nôtre et celui de nos enfants.

Ne nous y trompons pas, l’envolée du coût de l’énergie durant l’année 2008 nous envoie ce message clair : si nous ne sommes pas capables aujourd’hui, de mettre en place un tel système intelligent, capable de favoriser l’investissement vertueux, le «marché» se chargera de nous engager dans la contrainte avec toute la brutalité qu’on lui connaît...

Une bonne fiscalité doit être «redistributive» et «activatrice» économique. La «taxe carbone» ne doit pas échapper à cette règle. Ca ne devra pas être un impôt supplémentaire destiné à combler un «nème» trou, mais une taxe qui rétablira l’équilibre entre des investissements de court terme couteux au final pour la société et des investissements de long terme, porteurs d’avenir.

Tout cela devant se faire progressivement pour ne pas fragiliser les plus faibles d’entre nous et une activité économique plus que fragile. La tâche est périlleuse sans doute mais à la hauteur de l’enjeu. Pour être efficace, elle devra s’appuyer sur un consensus national. Dans ce contexte, les médias devraient eux aussi jouer un rôle pédagogique plutôt que de mettre de l’huile sur le feu.