En observant la nature et en l’imitant, plusieurs équipes françaises pourraient contourner l'obstacle du platine; métal rare, cher, et incontournable pour l’instant, pour obtenir de l’hydrogène à un rythme suffisant et le convertir en électricité. La solution : le remplacer par des métaux moins nobles, comme le nickel, le fer ou le cobalt.

Cette approche "biomimétique" est partie du constat que certaines cyanobactéries peuvent transformer l'eau en hydrogène grâce à l'énergie du soleil. Elles possèdent des enzymes, les hydrogénases, qui réalisent des catalyses en faisant appel à des atomes de nickel et de fer. Tout l'art a été de greffer des atomes de nickel sur des nanotubes de carbone.

Les nanotubes de carbone ont une surface spécifique (aire de contact par rapport au volume) très importante, ce qui promettait d'augmenter les réactions ; ces nanotubes sont en outre d'excellents conducteurs, capables de véhiculer les électrons à haut-débit. Le tout sans surtension, c'est-à-dire sans perte d'énergie, ou presque, lors de ces conversions - ce qui était l'apanage du platine, 2 000 fois plus cher que le nickel.

Cependant, l'intensité du courant produit par ce nouveau procédé reste plus faible qu'avec le platine. Trop faible pour mouvoir une automobile, par exemple. Mais déjà suffisante pour envisager d'équiper des téléphones mobiles ou des portables. Les choses n'en resteront pas là. Ce premier catalyseur a été breveté, et d'autres pourraient suivre. Certains, à base de fer ou de cobalt, sont actuellement en cours d'expérimentation.

Selon les spécialistes, de futures optimisations de ce composé pourraient aboutir à un catalyseur viable, sans métal noble, pour les piles à combustible. Celles-ci pourraient alors devenir le complément tant attendu des énergies renouvelables, dont l'inconvénient majeur est l'intermittence. Il serait possible de stocker l'énergie, localement, sous forme d'hydrogène, pour la restituer quand le vent ou le soleil font défaut.
La photosynthèse artificielle reste la future étape; éclairer de l'eau avec du soleil pour faire de l'électricité. Là encore, en s'inspirant de la nature.