Un énième gadget promis à sombrer dans l'oubli, ou le Graal de la lutte contre le changement climatique ?
Son fonctionnement repose sur une résine absorbante, capable de piéger, puis de relâcher, les molécules de CO2 présentes dans l'atmosphère. Lorsque l'air ambiant est sec, le matériau absorbe le CO2. Lorsque le vent souffle, l'air passe au travers de ce filtre, qui piège le gaz carbonique ; le matériau est ensuite confiné, plongé dans un air saturé d'humidité, et relâche le CO2 ôté à l'atmosphère. Celui-ci peut pour finir être liquéfié et durablement séquestré dans une formation géologique, par exemple (A condition qu'il n'y ait pas de fuite …).

Au total, la mise en service d'un million d'unités de ce type par an permettrait d'éponger annuellement, au bout d'une décennie 10 % à 12 % des émissions mondiales à leur niveau actuel.

Une petite faiblesse quand même ; pour liquéfier le CO2 capturé, il faut une certaine quantité d'énergie, potentiellement émettrice de... CO2.
On peut cependant imaginer de boucler la boucle : dans un monde où l'électricité serait essentiellement produite grâce à une énergie renouvelable, il serait alors possible de combiner le carbone capturé à de l'hydrogène obtenu par électrolyse de l'eau, pour produire des carburants liquides de synthèse dont la combustion n'aurait pour effet que de réinjecter dans l'atmosphère du carbone qui en aurait préalablement été ôté. Mais avant tout cela, n’oublions pas que le CO2 le plus facile à piéger est celui que l’on ne produit pas !

Source : Le Monde décembre 2009