Le «biochar» qui se présente sous la forme de charbon de bois en poudre de 2 mm maximum, permet d’augmenter de plus de 50 % la production des légumes, en particuliers des oignons, tandis que les quantités de maïs sont triplées. Avec très peu d’engrais, les rendements sont équivalents à de l’agriculture chimique intensive.

Il présente par ailleurs l’autre avantage de capturer plus de carbone qu’il n’en libère. Au moins 40 % du carbone accumulé lors de la croissance des végétaux serait conservé dans le sol et non restitué dans l’air. Selon un article parue dans Nature, «Le biochar, pour tous les spécialistes qui s’intéressent au sujet, est perçu comme le levier le plus puissant pour limiter le changement climatique en séquestrant du carbone atmosphérique dans le sol à long terme. Actuellement, nous émettons 10 milliards de tonnes (gigatonnes, Gt) de carbone; avec le «biochar», d’ici 15 ans, nous devrions pouvoir en séquestrer près de 2 Gt chaque année ».

Tous les biochars ne se valent pas. Leur efficacité dépend d’abord de la nature du sol, mais aussi du type de biomasse végétale utilisée. Bois mort, pailles de riz, feuilles de palmier, fumier, coques de noix ou résidus de scierie...

Fabriquer du biochar revient à cuire ces déchets végétaux à quelques centaines de degrés (entre 400 et 700°C) sous très peu d’oxygène.  Ce processus de cuisson à l’étouffée - dit pyrolyse - peut se faire avec des équipements de toutes tailles, du rudimentaire au très sophistiqué.

Cet entrain n’est pas, cependant,  du goût de tous. Une pétition visant à « freiner la ruée vers le biochar industriel » a recueilli courant 2009 la signature de 160 associations écologistes. A ce jour aucun code de bonne conduite n’existe pour garantir que la future course au «biochar» ne soit pas source de déforestation ou en compétition avec la production de nourriture. Les conséquences seraient alors contraires au but recherché.