Les espèces disparaissent 1 000 à 10 000 fois plus rapidement que leur rythme naturel, selon l’IUCN (Union pour la nature). C’est la raison pour laquelle, dans la même optique que le système « Pollueur-Payeur » est appliqué aux industriels ou acheteurs de nouveaux véhicules, les acteurs économiques qui dégradent la biodiversité devront compenser cette perte de « capital naturel ».
Le marché de la biodiversité devrait prendre forme cette année en France, d’autant plus que des études sur le coût économique de la destruction de la biodiversité se multiplient; selon l’économiste indien Pavan Sukhdev, auteur d’un rapport sur le coût économique de la perte de biodiversité, la valeur des services rendus par les écosystèmes au niveau mondial serait de 23 500 milliards d’euros par an, soit environ la moitié du PIB mondial.

L’Agence européenne pour l’environnement souhaiterait mettre en place une tarification des biens et services en fonction de leur véritable impact sur l’environnement. Ce même rapport estime que la perte des services écologiques pourraient représenter chaque année jusqu’à 7% du PIB mondial en 2050, soit environ 14 milliards d’euros. Pour exemple, la perte de la seule forêt de Masoala, à Madagascar se chiffrerait à 1,5 milliard de dollars pour l’industrie pharmaceutique, 5 milliards pour le tourisme et 4 milliards de dollars pour les ménages.

Pour l’instant, l’Hexagone n’en est pourtant qu’aux balbutiements de la compensation ; nous sommes encore loin des Etats-Unis, qui offre aujourd’hui le système de compensation le plus abouti. Les entreprises et agriculteurs qui portent atteintes aux zones humides naturelles doivent en effet acheter des crédits environnementaux à des banques spécialisées pour compenser les dégradations…
Malgré les mises en garde répétées contre les dérives d’une monétarisation à outrance de la biodiversité, un marché de la préservation des milieux naturels pourrait bien voir le jour en France. Selon le Boston Consulting Group, celui-ci devrait se chiffrer à 3 milliards en 2020.
Ses fonds serviront à la restauration d'écosystèmes fragilisés par les activités humaines. Des expériences menées par la Caisse des dépôts sont en cours dans le sud de la France.