La consommation mondiale d'aliments issus de l'élevage progresse à une vitesse vertigineuse. Pour un Chinois, elle est passée de 14 kg par en 1980 à 59 kg aujourd’hui. Sa consommation de produits laitiers s’est multipliée par dix sur la même période !

Dans les pays développés, la consommation de viande y est passée de 76 kg par personne, en 1980, à 82 kg aujourd'hui. D’ici à 2050, le nombre de bovins devrait passer de 1,5 à 2,6 milliards de têtes et celui des ovins de 1,7 à 2,7 milliards.

Tout en ayant malgré tout un impact positif sur la santé des individus dans les pays émergents, ces nouvelles habitudes alimentaires comportent des risques majeurs :

  • Sur le plan économique, le modèle de production largement développé au Brésil, en Chine ou en Thaïlande, devrait se propager à l'ensemble de la planète et s'accompagner d'une mutation en profondeur des modes de production ; les petits exploitants seront précipités dans la misère; incapables de lutter contre ces entités «monoproduit», qui pratiquent un élevage intensif à grande échelles.
  • Au plan environnemental, l'élevage est responsable, aujourd'hui, de 18 % des émissions totales de gaz à effet de serre (davantage que les transports); il est à l'origine de 8 % de la consommation mondiale annuelle d'eau, et occupe près de 80 % de la superficie agricole de la planète, entre les zones de pâturage et celles produisant l'alimentation des animaux.
  • Et enfin, sur le plan de la santé publique. "Environ 75 % des nouvelles maladies qui ont affecté les humains depuis dix ans sont causées par des pathogènes provenant d'animaux ou de produits d'origine animale", rappelle la FAO. Or les nouvelles exploitations intensives dans les pays en développement se sont souvent implantées à proximité des centres urbains afin de limiter les transports. Autant de conditions propices à la propagation des maladies à l'homme. A cela s'ajoutent les failles béantes des systèmes publics de contrôle sanitaire des aliments.

Sachant que 1kg de viande bovine demande en eau et en protéine, 2,5 fois plus que ce que demande 1 kg de porc, 5 fois plus pour 1kg poulet et 10 fois plus pour 1 kg de poisson, nul besoin d’être grand clerc pour deviner ce qu’il nous reste à faire.