Depuis une vingtaine d’années, la Guyanne est le théâtre d’une nouvelle ruée vers l’or; mais l’exploitation aurifère a un impact négatif lourd sur l’environnement.
Face à ce problème, un cadre réglementaire interdit depuis 2006 l’utilisation du mercure et, dans le cadre du Grenelle de l’environnement, l’élaboration du Schéma départemental d’orientations minières (SDOM) met en avant un développement de l’activité aurifère légale moins dommageable pour l’environnement.

Actuellement, 10 000 orpailleurs clandestins, souvent originaires du Brésil , opèrent aujourd’hui en Guyane, y compris à l’intérieur du plus grand parc national français (le Parc Amazonien de Guyane). Leur activité saccage la forêt, détruit les écosystèmes, souille les cours d’eau (avec une modification directe des écosystèmes aquatiques à la clé) et rejete dans les rivières le mercure utilisé pour amalgamer l’or. Ce poison se concentre dans la chair de poissons carnassiers comme l’aïmara et contamine, en bout de chaîne alimentaire, les populations amérindiennes qui s’en nourrissent.

Entre 2000 et 2008, plus de 22 tonnes exportées de Guyane avaient une origine douteuse. Tracer l’or, qui peut être fondu et allié à d’autres métaux, relève du défi et à l’heure actuelle, la traçabilité de l’or guyanais est inexistante.

Peu à peu, des tentatives pour tracer l’origine de l’or se mettent en place notamment dans la bijouterie française qui représente un débouché majeur pour l’or guyanais. Le consommateur, à qui aujourd’hui rien n’assure que son achat ne contribue pas à des profits illicites et à la destruction de la forêt amazonienne, peut devenir un acteur clé de la rénovation de la filière or.

Donc, ne pas hésiter à interroger le bijoutier sur l’origine de son or pour ne pas participer involontairement à la destruction des écosystèmes de la forêt amazonienne et l’empoisonnement des populations locales.