Encore un exemple pour faire la démonstration qu’une société «développée», à très faible impact environnemental est possible. À la fois écologique, économique, et esthétique, la phytoremédiation a déjà plusieurs réalisations de taille à son actif, et le potentiel pour devenir une solution incontournable.
Depuis l’Antiquité, les hommes ont compris que les plantes pouvaient être utilisées pour améliorer la qualité de l’eau. Dépolluer un sol contaminé, des eaux usées, un air chargé en composés chimiques, ou valoriser des boues d’épuration, pour toutes ces missions, les plantes sont capables de remplacer l’industrie. Elles dégradent des composés chimiques complexes, qu’elles utilisent pour se nourrir, et leurs racines abritent des microorganismes, qui font le même travail que les stations d’épuration.


La ville d’Honfleur (Calvados), a remplacé les stations d’épuration, par des jardins, agréables et fleuris capables sur 4 hectares (l’équivalent de six terrains de football), d’assurer le traitement de l’eau pour 26 000 personnes. Même constat au parc du Chemin de l’île, à Nanterre (Hauts-de-Seine), où l’eau de la Seine devient utilisable pour la baignade. L’entreprise Phytorestore (spécialisée dans ce domaine) s’est occupé par exemple d’un écoquartier de 50 000 habitants dans la ville industrielle de Wuhan, en Chine, sur les bords du Yangtsé.

Si plusieurs substances chimiques restent problématiques (certains métaux lourds, les polychlorobiphényles - PCB), au fur et à mesure que la connaissance des propriétés dépolluantes des végétaux avance, des solutions émergent. Le travail de dépollution est encore complété par un système de filtres à changer tous les 10 ans pour les éléments non-phytoassimilables.

La phytoremédiation, outre le traitement de l’eau, de l’air ou des boues, permet aussi d’améliorer la biodiversité des zones urbaines et péri-urbaines. Elle recrée des zones humides, refuges pour de nombreuses espèces d’oiseaux et de batraciens. L’entretien des jardins est donc facile, assuré par les services espaces-verts des collectivités, et surtout, peu coûteux.