Depuis 1999, la taxe sur le carburant, le gaz et le fuel a été augmentée et un nouvel impôt a été instauré sur l'électricité. Ce qui a renchéri de 15 centimes d'euro le prix du litre de carburant et de 2,05 centimes d'euro le kilowatt-heure.
Au plan politique, cela ne s'est pas fait sans mal; les conservateurs et les libéraux ont bataillé ferme contre le projet. Fait inhabituel outre-Rhin, des chauffeurs de camion avaient bloqué des routes pour tenter de s'y opposer. L'essentiel des recettes (17,8 milliards d'euros en 2005) a été reversé aux caisses de retraites, afin de faire baisser les cotisations sociales ou d'en limiter la hausse. Les entreprises qui utilisent des technologies environnementales sont ainsi totalement exonérées.

Depuis 2005, le parti de la chancelière Angela Merkel a renoncé à la supprimer; seuls les libéraux réclament une baisse de son niveau. La fiscalité écologique a eu des retombées positives pour l'environnement. D'ici à 2010, les experts estiment que cette taxe devrait permettre de réduire la quantité d'émissions de gaz à effet de serre de 3 %, soit 24 millions de tonnes de C02. Elle a également changé les mentalités. Selon plusieurs sondages, les ménages ont été incités à faire des économies d'énergie et à réduire leur consommation de carburant. Alors que le nombre de véhicules ne cesse d'augmenter, la consommation d'essence a diminué de 10 % entre 1999 et 2005. De même, le nombre de voitures roulant au gaz naturel a été multiplié par dix entre 1998 et 2004. Le bilan semble aussi positif pour le marché du travail : près de 250 000 emplois supplémentaires auraient vu le jour, en partie grâce à la baisse des charges sociales.

Financement des retraites, création d'emplois, des sujets très actuels chez nous... Et qu’on ne dise pas qu’une taxe carbone pénaliserait les entreprises française, il suffit de regarder la performance des entreprises allemandes pour se convaincre du contraire.