Substituer des larves à la viande ou au poisson est une des pistes envisagées par les Nations unies pour nourrir 9 milliards de personnes à l'horizon 2050 Le développement de la consommation d'insectes pour remplacer la viande ou le poisson fait partie des pistes étudiées très sérieusement par entre autres, les experts de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). Leurs qualités nutritionnelles sont très intéressantes : protéines, lipides, minéraux (zinc, fer), vitamines; leur valeur est parfois supérieure à la viande ou au poisson.

Leur rendement est bien meilleur quand on compare avec le bétail traditionnel. Il faut 10 kg de nourriture végétale pour produire 1 kg de boeuf, alors qu'il n’en faut seulement qu’un ou deux pour les insectes comestibles. Ils ont également besoin de beaucoup moins d'eau. 1 400 espèces sont déjà consommées en Afrique, en Asie, et en Amérique latine; au menu: larves de coléoptères, fourmis, chenilles, criquets, chrysalides des vers à soie, punaises, cigales, grillons, araignées, scorpions... La Chine, le Japon, la Thaïlande, l'Afrique du Sud, le Mexique figurent parmi les plus importants consommateurs.

Dans certains cas, il s'agit de plats de fête ou d'amuse-gueules très appréciés, dans d'autres moins réjouissants, les insectes sont tout simplement nécessaires à la survie. Dans l'Antiquité, les Romains appréciaient les chenilles... A notre insu et très involontairement, nous consommons 500 g en moyenne de résidus d'insectes par an, dans le pain, les jus de fruit, etc.

L’autre potentiel considérable serait d’utiliser ce " mini-bétail " pour alimenter le gros bétail. Les insectes pourraient remplacer les huiles et farines de poissons sauvages dans l'alimentation des poissons d'élevage. Cette pratique existait en France jusqu'aux années 1980, sur les bords de la Saône, où les éphémères, de petits insectes volants, étaient récoltés et utilisés dans les rations animales. Des essais très concluants ont en outre déjà eu lieu dans des élevages porcin.

Bientôt, «prendre la mouche» ne sera plus seulement qu’une expression....

Source : Le Monde