Depuis huit mois, les chercheurs de l'Université d'East Anglia vivaient comme des parias mais, la commission d'enquête indépendante sur « l'affaire des emails » les dédouane de toute pratique frauduleuse; « leur rigueur et leur honnêteté ne peuvent être mises en doute » affirment les auteurs du rapport.

Le prétendu « Climategate », débute en novembre 2009, lorsque plusieurs centaines d'emails privés de membres de l'Unité de recherche climatique (CRU) de l'université d'East Anglia se retrouvent mystérieusement en ligne. Le CRU a un rôle éminemment stratégique car ses données servent de base aux rapports du Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec), l'instance suprême chargée de prédire l'avenir de la planète. Or, dans un des emails, le chef du CRU se vante d'avoir trouvé une « ruse » pour « dissimuler la baisse » d'une courbe de températures.

Avec ces trois mots, les climatosceptiques pensent avoir trouvé la preuve irréfutable d'un complot mondial...

A Copenhague, le « Climategate » pesera lourd. L'Arabie Saoudite qui a beaucoup à perdre d'une régulation des émissions de CO2, prend prétexte de l'affaire pour contester les conclusions prétendument alarmistes du Giec.

Après des mois de battage médiatique, la commission d'enquête sur les emails de l'université d'East Anglia vient remettre les points sur les « i », en réfutant une à une toutes les accusations des climatosceptiques. Dans l'ensemble, les conclusions de la commission confirment les deux précédents avis rendus sur cette affaire : celui d'une commission parlementaire, en mars et celui d'un comité interne à l'université, en avril, qui avaient tous deux disculpé les chercheurs.

Les climato-sceptiques ont également été renvoyés dans leurs cordes par une autre enquête, commandée par le gouvernement néerlandais qui valide les conclusions du Giec sur les conséquences du réchauffement climatique.

Espérons que les négociations sur le climat qui piétinent, sept mois après Copenhague, retrouverons un nouveau souffle largement retombé, notamment sous l'effet de ces thèses « climatosceptiques ».

Source: Le Monde