Le projet prévoit la construction d'un ensemble en anneau formé de plusieurs parcs partagés entre la Norvège, le Danemark, l'Allemagne, les Pays-Bas, la Belgique, la France et l'Angleterre. Une fois achevé, vers 2050, ce réseau d'infrastructures communautaires pourrait produire suffisamment de puissance pour couvrir les besoins de l'Europe et contribuer à son indépendance énergétique : 13.400 térawattheures, soit 15 % de mieux que la production annuelle du golfe Persique.

Au centre de cet anneau, les concepteurs prévoient également de créer la plus importante réserve naturelle marine dans le but de protéger l'un des écosystèmes océaniques les plus riches, qui abrite plus de 170 espèces de poissons dont certaines sont victimes de la pêche industrielle comme la morue, le maquereau, le hareng ou la baudroie.

Piloté par l'European Climate Foundation (ECF), plusieurs dizaines d'experts issus de l'Imperial College de Londres, du spécialiste allemand des réseaux Kema, du groupe d'études McKinsey, de l'analyste politique E3G, de l'Energy Research Centre of the Netherlands et du studio de recherche d'OMA, travaillent depuis sur ces scénarios d'indépendance.

Pour fonctionner, le programme devra relier entre elles toutes les sources d'énergie pour créer un réseau solidaire ; il faudra par ailleurs, mettre en place des dispositifs pour améliorer l'efficacité énergétique, construire, étendre et coordonner des réseaux électriques intelligents, intégrer et réformer les opérations de marché de l'énergie entre les Etats membres.

En terme d'investissement, c'est une formidable opportunité puisque la moitié des capacités de production électriques européennes devra être renouvelée d'ici à 2022. Les projets éoliens offshore sont plutôt bien placés dans ce contexte et, en un an, ce projet est devenu une initiative politique de grande ampleur.
Globalement, la dynamique est bien orientée puisque selon l''Association européenne de l'énergie éolienne (Ewea), la somme des capacités éoliennes planifiées par la totalité des projets en mer du Nord s'élève déjà à 100 GigaWatts. Si tous ces projets se réalisent, ils couvriront un dixième des besoins d'électricité en Europe.

Source Les Echos