En décidant de laisser sous terre les 846 millions de barils de pétrole du parc amazonien Yasuni, ce petit pays andin est convaincu de montrer la voie en matière de lutte contre le réchauffement climatique et de protection de la biodiversité.

A titre de compensation, Quito demande 2,7 millions d'euros à la communauté internationale. Administré par le PNUD sous contrôle équatorien, un fonds est appelé à recueillir et à gérer les apports des pays, des entreprises et des individus qui souhaitent soutenir ce projet innovant. L'Allemagne, l'Espagne, la Belgique, la France et la Suède ont notamment annoncé leur soutien.

Le parc Yasuni, qui s'étend sur 950 000 hectares de jungle dans le sud-est du pays, constitue une des réserves en biodiversité les plus riches au monde. Par ailleurs, deux peuples indiens isolés et nomades y vivent encore. 

Certes, la biodiversité appartient au monde entier, mais ne pas exploiter les gisements du Yasuni signifie un manque à gagner important puisque ces gisements représentent 20 % du total des réserves de brut certifiées du pays. Ne pas exploiter ces gisements représente par ailleurs l'équivalent des émissions annuelles d'un pays comme la France. Sur la base du prix de la tonne de carbone évitée, on évalue à environ 7 milliards de dollars la valeur de la non-émission de carbone résultant de l'absence d'exploitation du pétrole. L'Equateur demande à la communauté internationale d'en assumer la moitié, payable en douze ans.

Ses fonds seront utilisés aux énergies renouvelables, à la reforestation, aux réserves naturelles, au développement social de l'Amazonie, aux sciences et aux technologie. 76 % des Equatoriens appuient cette démarche originale.

Le drame de BP dans le golfe du Mexique montre que la technologie la plus perfectionnée ne supprime pas le danger potentiel de l'extraction pétrolière. Plusieurs pays - l'Indonésie, le Vietnam, le Guatemala - envisagent d'emboîter le pas à l'Equateur.