Dans la plasturgie, les grands fournisseurs de polypropylène livrent avec jusqu'à trois mois de retard et des prix en hausse de 30 %. Les fabricants d'encre d'imprimerie et de vernis font état de hausses de prix de plus de 30 % au niveau mondial, et dans certains cas au-delà de 50 %. Ce phénomène retrouve dans l'électronique où selon les organisations professionnelles, les prix, sont parfois deux à trois fois plus élevés que la normale.

Selon un rapport d’experts présenté à la Commission européenne, ces difficultés liées à l’approvisionnement et au prix ne vont pas s’améliorer dans les prochaines années. Le monde sera le théâtre d’une lutte au couteau entre grandes puissances pour s’accaparer certaines matières premières essentielles aux marchés d’aujourd’hui et de demain. Des composants indispensables à la fabrication des téléphones mobiles ou des câbles à fibre optique risquent de ne plus pouvoir être fabriqués par les producteurs européens dans les vingt prochaines années.

Parmi 41 minéraux et métaux examinés, 14 matières premières ont été retenues comme d'une " importance critique pour l'Union européenne " comme l'antimoine, du béryllium, du cobalt, du spath fluor, du gallium, du germanium, du graphite, de l'indium, du magnésium, du niobium, des métaux du groupe du platine, des terres rares, du tantale et du tungstène.

Il ne s’agit pas d’un risque lié à une pénurie physique de ces matières mais au fait que leur production, au niveau mondial, se trouve entre les mains d'un cercle restreint de pays, comme la Chine (antimoine, germanium, magnésium...), la République démocratique du Congo (cobalt, tantale) et le Brésil (niobium et tantale).

Si l'Union européenne veut éviter une guerre pour l'accès aux matières premières, les experts préconisent d'agir dès aujourd'hui pour améliorer le "recyclage " et " encourager la recherche sur des produits de substitution".
L’économie circulaire est plus que jamais, le moyen de sortir de cette dépendance.

Source Le Monde