La convention de Nagoya consacrée à la biodiversité, qui vient de se terminer sur un accord à minima, a permis pour certains de prendre conscience de son importance; et comme en ce bas monde rien ne se valorise sans l’adjonction d’un sigle monétaire, il en a fallu là aussi, en passer par là.

Commandé par l'Europe, un groupe de travail piloté par l'économiste indien Pavan Sukhdev, a remis après trois ans de travail, un rapport qui entend démontrer l'intérêt qu'il y a à évaluer ce que peut coûter la non-préservation de la biodiversité.

Globalement, les services rendus par la nature sont estimés à 23.500 milliards d'euros par an, soit la moitié du PIB mondial. A l’aune de ce chiffre, on mesure que la question environnementale n’est pas seulement un problème de riche; quand on parles de biodiversité, on parle de 100% de notre alimentation et de 50% de nos médicaments...

Certains secteurs économiques, comme l'industrie pharmaceutique, sont très directement lié à la biodiversité. Aux États-Unis, dix des 25 médicaments les plus vendus sont dérivés de la biodiversité. Dans le tourisme, la pêche récréative représente aux États-Unis 37 milliards de dollars et un million d'emplois. La valeur d'usage des récifs coralliens dans les territoires d'outre-mer français varie entre 5 000 et 10 000 € par hectare et par an.

A titre d'exemple concret, citons une décision de la municipalité de New York, qui, en donnant des subventions de 1,5 milliard de dollars à des agriculteurs se trouvant en amont de la ville pour éviter des pollutions, a permis d’économiser la construction d'une station d'épuration d'une valeur comprise entre 6 et 8 milliards de dollars.

Certes, est-il cependant légitime de défendre la nature avec des valeurs monétaires ? Oui, si c’est le seul moyen de faire avancer les choses!