C'est la seule source d’énergie dont la consommation sera plus importante en 2035 qu'aujourd'hui, notamment en raison de l'exploitation des énormes gisements de gaz non-conventionnels comme le schiste ou le grisou(1).
Cette poussée s'inscrira dans le contexte d'une hausse de 36 % de la demande d'énergie d'ici à 2035 au rythme moyen de 1,2 % par an. Moins que les 2 % enregistrés depuis le début des années 1980. Mais cette consommation sera largement tirée, dans toutes les énergies (fossiles et renouvelables) par les pays émergents, au premier rang desquels la Chine (+ 75 %). La production de pétrole conventionnel stagnera ; celle des huiles lourdes et des sables bitumineux progressera sensiblement. A cet horizon, l'Irak sera devenu le deuxième producteur mondial, derrière l'Arabie saoudite, suivi par le Brésil, le Kazakhstan et le Canada.

Les experts de l'AIE jugent que le gaz jouera " un rôle essentiel " pour répondre à cette demande. Et qu'il connaîtra un " âge d'or " si le charbon, son principal rival dans la production d'électricité (mais deux fois plus émetteur de C02), était frappé par une taxe carbone. Tous les groupes pétroliers rivalisent d'acquisitions dans le secteur des gaz non-conventionnels.

Cette surproduction actuelle de gaz risque surtout de rendre les énergies renouvelables (encore très subventionnées) et le nucléaire (gourmand en capitaux) moins compétitifs.

La crise mondiale a entraîné une baisse relative des consommations d’énergie dans le monde mais les capitaux nécessaires à la refonte du secteurs énergétique ont été consacrés à la sauvegarde du secteur bancaire et des économies nationales. Autant de retard qui coûteront très cher à terme. Selon l’AIE, le retard lié à l’échec de Copenhague nécessitera 723 milliards d’euros d’investissements supplémentaires.
En ces temps où la "planche à billet" fonctionne à plein régime pour sauver les meubles, en aurons-nous encore les moyens ?

(1) : Rapport annuel de l'Agence internationale de l'énergie (World Energy Outlook 2010) rendu public, mardi 9 novembre, à Londres.