La progression est spectaculaire puisqu’elle se classe dans les cinq premiers déposants au monde de brevets pour le solaire (où elle en dépose, d'ores et déjà, plus que l’Allemagne), l'éolien et la pile à combustible. Elle est au quatrième rang pour le montant du capital-risque investi dans les énergies vertes. Elle possède plus de 100 fabricants d'éoliennes, et possède le quatrième parc éolien au monde.
Son objectif pour 2020 est une progression annuelle de 20 % du parc installé. Elle est aujourd'hui le premier fabricant de cellules photovoltaïques au monde. L'objectif de capacité photovoltaïque a été fixé à 10 GW en 2020 (soit plus que la capacité totale mondiale installée aujourd'hui). La Chine se place aussi sur le marché du véhicule électrique. Elle est d'ores et déjà le premier pays producteur de batteries lithium-ion.

La localisation de ce nouveau tissu industriel constitue aujourd'hui un enjeu géoéconomique majeur.

L’Europe et les Etats-Unis restent dominants sur l'implantation d'équipements et leur exploitation; mais cette politique les rend importateurs de matériels, notamment en provenance de Chine.

La Chine affirme sa domination sur la fabrication et l’assemblage des machines, du fait des faibles coûts de main-d'oeuvre. L’Union Européenne et les Etats-Unis pourront difficilement relocaliser cette industrie sur leurs territoires.

La partie importante en termes stratégiques de création de valeur et d'indépendance énergétique se jouera donc sur la conception et la R&D. Mais déjà à ce niveau de la filière, la progression de la Chine y est remarquable.

C’est sur ce segment que doivent porter les efforts si l'Union Européenne et les Etats-Unis veulent conserver et reconquérir une part plus importante de la valeur ajoutée du secteur et de son contrôle technologique.

Perdu d’avance peut-être pas, mais il va falloir passer à la vitesse supérieure si l’on ne veut pas décrocher.