Aux pieds des montagnes Rocheuses, dans le Colorado, la ville de Boulder, tente de se libérer du pétrole au pays des road movies, des "drive in", de l’essence pas chère... et des plus grosses émissions de gaz à effet de serre par habitant au monde.
L’objectif, pour les 300.000 résidents de ce bastion démocrate, est de passer d’une consommation annuelle de neuf barils de pétrole par personne, à un seul baril par an et par personne...

Le concept des « villes en transition » est lancé en 2006 grâce à Rob Hopkins, enseignant en permaculture, qui demande à ses étudiants d’identifier les dépendances au pétrole de la ville de Kinsale, dans le Sud de l’Irlande. Dans la foulée, les chercheurs élaborent un scénario de descente énergétique ambitieux, mais réaliste, d’ici 2030. C’est de cette expérience qu’émerge le concept de « transition ». Tout ceci afin d’éviter aux populations les dramatiques conséquences d’un pic pétrolier trop brutal et de contribuer concrètement à la lutte contre les dérèglements climatiques, sans attendre d’hypothétiques accords internationaux.

A Boulder comme ailleurs, se focaliser sur l’amélioration du bâti, est très insuffisant; la question des transports est tout aussi cruciale alors que les alternatives à la voiture sont quasi-inexistantes. Trois personnes sur quatre doivent emprunter leur voiture pour se rendre à leur travail. Le tramway sera donc remis en marche et d’ici à 2014, une liaison par voie ferrée entre les trois grandes cités régionales sera mis en place.

Du côté de l’alimentation, le comté a proposé d’attribuer 20% de ses terres aux producteurs locaux d’ici à 2012. Le plus compliqué étant de trouver de nouveaux agriculteurs. À partir de 2010, leur objectif est que les ménages consacrent 10% de leur budget alimentaire à la consommation de produits locaux, contre 2% aujourd’hui.