Ce phénomène devrait s’accentuer dans les prochaines années car, la température moyenne a augmenté de 2,6°C en l’espace de 75 ans dans les Alpes. Et ce réchauffement a un effet direct sur la roche. A ces très hautes altitudes, en général au dessus de 2500m, (3400m dans le cas cité), la température reste en dessous de zéro tout au long de l’année. Dans ces conditions, l’eau qui s’infiltre dans la roche, sert de ciment, stabilisant ainsi la montagne.
En période de réchauffement, la glace disparait et la roche n’est plus maintenue entrainant de spéculaires détachements de montagne comme on l’a vu dernièrement. En 2005, se furent 265 000m3 de roche qui se sont détachés de la même face des Drus ; à souligner que cet éboulement spectaculaire fait partie des 182 éboulements qui ont été recensés depuis 2007.

Partout sur la planète on voit ce phénomène se dérouler avec des conséquences différentes selon les cas. D’une manière générale, il s’agit du phénomène de la fonte du pergélisol connu aussi en anglais sous le nom de permafrost.

Il s’agit de la couche de sol qui reste gelée tout au long de l’année en haute montagne et dans les zones arctiques.

En 2002, ce furent 5 millions de m3 de roche qui se sont désolidarisé dans le Caucase Russe et en 1997, 2 millions de m3 dans les Alpes, sur le versant italien. Au Canada ou en Sibérie, on observe le phénomène des «forêts ivres»; des milliers d’arbres ne sont plus maintenus au sol et tombent les uns sur les autres que de grands châteaux de cartes.

L’inquiétude, c’est que ce permafrost contient de la tourbe qui en dégelant, a tendance à libérer le méthane qu’elle contient renforçant l’effet de serre et amplifiant ainsi le réchauffement.

En tout cas, il est clair que dans les Alpes du fait du réchauffement constaté, ces phénomènes d’éboulements selon les spécialistes, devraient être de plus en plus fréquents.