La Chine décide de réduire très drastiquement l'exportation des terres rares.
Par Charles Magnier, lundi 19 mars 2012 à 07:52 :: General :: #205 :: rss
Les terres rares jouent un rôle crucial dans l’industrie mondiale. Sans elles, pas d’écrans plats, de disques durs, d’appareils d’imageries, de smartphones, de panneaux solaires ou d’éoliennes.
Or, la Chine contrôle 95% de la production mondiale de ces 17 métaux indispensables à la fabrication de produits «high-tech».
Tout en mettant en place un programme de restriction pour les entreprises non chinoises, l’administration chinoise a laissé les prix augmenter de 1000% entre 2009 et 2011 au prétexte de faire payer le vrai coût environnemental de l’extraction. Tout cela se terminera probablement devant l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC).
Pour autant, ces «terres rares», ne sont pas aussi rares que cela; l’adjectif «rare» vient d’une vieille expression née au 19ème siècle ; en fait, elles sont relativement abondantes. Si la Chine contrôle 95% de la production mondiale, c’est parce que peu à peu, les opérateurs occidentaux lui ont laissé le champ libre au prétexte qu’elle extrait ces matières pour un coût socialement insupportable et sans aucune préoccupation pour les impacts environnementaux liés à l’extraction. Tout ceci se traduisant par un prix très bas qui d’une certaine façon, arrangeait tout le monde.
Extraire ces matières à des coûts sociaux et environnementaux justes, aura probablement des répercutions importantes sur le coût de ces matières et donc, sur le coût des équipements qui les utilisent.
Au fond, ce serait la fin d’une hypocrisie qui nous conduit bien souvent à fermer les yeux sur les conditions sociales et environnementales qui président à la fabrication de beaucoup de nos produits de consommation.
Certes parfois un bouc émissaire comme Apple ou Nike en son temps, se fait prendre le doigt dans le pot de confiture mais, c’est l’arbre qui cache la forêt; ça a juste pour effet de se dédouaner tout en permettant à tous les autres de continuer tranquillement leur chemin.
Cette hypocrisie là, devra probablement tomber si l’on souhaite s’affranchir durablement du monopole de la Chine dans ce domaine.
Il reste à voir quel impact cela aura sur le coût final des technologies liées aux énergies renouvelables et leur compétitivité en ces temps où le gaz de schiste prend la main aux Etats Unis notamment.

Commentaires
Aucun commentaire pour le moment.
Ajouter un commentaire