La fin du nucléaire en Allemagne ne passera pas par le charbon.
Par Charles Magnier, samedi 14 avril 2012 à 12:10 :: General :: #209 :: rss
Contrairement aux prévisions de beaucoup de spécialistes de l'énergie, l'Allemagne n'a pas eu recours au charbon pour compenser l'arrêt de 8 de ses 17 réacteurs en 2011.
« La fin du nucléaire en Allemagne passe par le charbon », titrait en octobre dernier Le Monde, relayant une idée très généralement répandue.
Faux ! Selon l'Institut du Développement Durable et des Relations Internationales : « En volume, la production d'électricité à partir de houille et de lignite est restée quasiment stable en Allemagne l'an dernier. Même si le charbon continue à se tailler la part du lion dans le mix électrique allemand en représentant 44% de l'électricité produite les autres sources d'énergies fossiles (gaz et pétrole), ont même légèrement baissé en 2011."
Au total, la part d'électricité d'origine fossile est passée de 57 à 58% malgré le recul du nucléaire de 22,3 à 17,6% de la production électrique (1% de +, contre 4,7% de moins). L'Allemagne a à peine augmenté son recours au charbon ou au gaz, pour compenser l'arrêt de 8 de ses 17 réacteurs, décidé brutalement au printemps dernier après Fukushima.
Le pays a pourtant ainsi renoncé à près du 1/4 de son électricité nucléaire; remplacée aux 2/3 par des énergies renouvelables (éolien et solaire), 1/3 en augmentant ses importations et en baissant ses exportation bien qu’au au total, l'Allemagne est quand même restée exportatrice nette d'électricité.
Pourtant on a tous entendu que l’Allemagne construisait un certain nombre de centrales thermiques.
En regardant de plus près les scénarios énergétiques sur lesquels est fondé l'Energiekonzept (politique énergétique adoptée par le gouvernement allemand en septembre 2010), on s'aperçoit ainsi que les centrales fossiles actuellement en construction visent en premier lieu à remplacer des centrales vétustes et polluantes par des centrales plus efficaces à gaz et à co-génération beaucoup moins polluantes que le charbon. Toujours selon l’IDDRI, il semble par conséquent envisageable que l'Allemagne compense la sortie du nucléaire sans recourir davantage aux centrales à charbon et à gaz et sans remettre en cause la réalisation des objectifs nationaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Voilà une piste intéressante à étudier.

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