Autrement dit, peu de choses se sont concrètement réalisées depuis 1992 ; mais, que ce serait-il passé si Rio n'avait pas eu lieu? 
Le 1er (le seul?) résultat vraiment probant est avant tout, la prise de conscience par les plus "riches" (on devrait dire: "les plus endettés"...) de la "finitude" de notre planète et de la nécessité de changer notre modèle de développement.
Cette analyse commence d'ailleurs également à être partagée par les pays émergents depuis que leur appétence de développement se heurte à la rareté croissante de l'énergie et des matières premières nécessaires à cette croissance.
Ralentir oui, mais comment quand ces mêmes populations aspirent légitimement à un niveau de vie dont on sait l'impact écologique mais aussi, dont on a peine à imaginer l'alternative pour arriver aux mêmes fins?
Coincés entre l'aspiration légitime des peuples à accéder à un développement «à l'occidental» ou pour d’autres, à le maintenir autant que faire se peut, et les limites physiques de la planète, les chefs d’états et de gouvernements ne pourront faire autrement que de produire un communiqué final le plus vague et généraliste possible en attendant de faire mieux la prochaine fois.
Pour autant, en 20 ans, les peuples sont devenus conscients que cette urgence nécessitait une collaboration à l’échelle de la planète. Elle se fait ; pas par les états, mais par les peuples. Les organisations non gouvernementales mobilisent, chacune à leur niveau, du quartier au continent, des citoyens de toutes sortes qui au quotidien, inventent des solutions concrètes et pragmatiques.
C’est de là que jaillira probablement le nouveau modèle de demain; moins gaspillant, plus rationnel et solidaire.
Alors à ce moment là, oui, RIO aura servi à quelque chose.
En attendant, les sommets s’enchaineront les uns après les autres un peu partout sur la planète (c’est toujours bon pour l’industrie touristique) sans que personne n’en saura la réelle utilité sur la vie quotidienne des peuples victimes d’un modèle de développement dont «tout le monde» s’accorde pour dire qu’il faut qu’il change mais sans que «personne» n’imagine ce qu’il pourrait être.
Ce monde là, c’est à nous Citoyens du Monde de continuer de le construire; de continuer «à mettre sa pierre sur le bon tas».