Encore peu connue, l’énergie osmotique fait son trou.
Par Charles Magnier, mardi 10 juillet 2012 à 14:32 :: General :: #220 :: rss
Le potentiel technique mondial de l'énergie osmotique est estimé à 1600 TWh par an, soit l'équivalent d'environ la moitié de la production électrique européenne.
L’énergie osmotique est produite en séparant l’eau salée de l’eau douce par une membrane semi perméable qui filtre l’eau en bloquant le sel. Le déplacement de l’eau douce vers l’eau salée crée une surpression ; cette surpression est ensuite exploitée à l’aide d’une turbine pour produire de l’électricité.

Cette technique a été développée dans les années 70 mais il a fallu attendre 2009 pour voir un premier prototype près d’Oslo.
Contrairement à l’éolien ou au solaire, la production d’énergie osmotique est beaucoup plus prévisible et ne dépend pas de la météo. Les sites potentiels sont les estuaires et les deltas ; des endroits où l’eau de mer et l’eau douce se rencontrent.
Les principaux défis techniques sont concentrés autour de la membrane et de sa configuration. Les membranes semi-perméables utilisées actuellement, sont chères, difficiles à entretenir et ont une durée de vie trop faible. Le rendement reste aussi un problème. Trop faible pour l’instant, il demande de trop grandes surface de membrane pour des résultats encore modestes. Avec un rendement de 4W par m2 en l’état actuel de la technique, il faudrait 2500 m2 de membrane pour alimenter un logement... C’est LE défi.
Plusieurs entreprises norvégiennes en japonaises travaillent de concert à l’élaboration de membranes plus performantes.
Deux techniques sont explorées ; celle de la «Pression Osmotique Retardée» (utilisée en Norvège) et celle plus confidentielle de «l’électrodialyse Inversée» développée par une société hollandaise.
Le concept semble séduire puisqu’une centrale a également été réalisée au Japon, et une autre est actuellement en construction aux Etats-Unis.
Certains estiment que les futurs sauts technologiques permettront à l’énergie osmotique de s’imposer devant le solaire et l’éolien d’ici quelques années.
Pourquoi pas ! Il suffit de penser au rendement de l’énergie électrique dans les années 1840... Ca a changé depuis.

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