Grâce au « cloud », ce nuage virtuel où sont stockées toutes nos données, des entreprises comme Facebook, Amazon, Apple, Microsoft, Google ou Yahoo sont en train de transformer radicalement notre façon de travailler et de communiquer. La quantité de données numériques circulant sur le Net devrait être multipliée par 50 d’ici à 2020, et les sommes investies dans le cloud sont considérables. Près de 500 Mds de dollars investis dans le secteur en 2012 pour satisfaire notre besoin de disposer en tout temps et en tout lieu d’un accès illimité et instantané aux données. Le « cloud » informatique est alimenté par des « datas center » qui gèrent toutes les données « prêtes-à-consommer » que nous accumulons ; et pour faire cela, ils consomment d’énormes quantités d’électricité : l’équivalent d’environ 250 000 foyers européens pour certains d’entre eux. Si la question des consommations d’énergie de ces centres est importante, celle de la source d’énergie utilisée l’est tout autant. Et les grandes entreprises du web l’on bien compris vu l’enjeu économique (leur propre facture d’énergie) et vu l’enjeu « image environnementale » qu’elle souhaite donner. Depuis quelques années, Greenpeace évalue ces entreprises grâce à son "Clean Energy Index" qui, sur un indice de 100, note la propreté des énergies utilisées. Voici quelques résultats extraits du dernier rapport :

Apple obtient la note maximale de 100 sur 100 avec 100 % d’approvisionnement par énergies renouvelables. La firme de Tim Cook est félicitée car "les trois dernières extensions de ses data center annoncées l'année dernière utiliseront toutes des énergies renouvelables". Avec ce score, Apple se place devant Yahoo! avec 73% et Facebook avec 49%, qui complètent le podium. eBay avec 10% et Oracle avec 17% sont en revanche les plus mauvais élèves.

Selon Greenpeace, la moitié de l'énergie consommée par Oracle provient du charbon, un record parmi les acteurs analysés. Pour eBay, 51% de l'énergie vient du gaz naturel. Concernant le nucléaire, c'est Salesforce et Amazon qui affichent les pourcentages les plus élevés avec 26%.

Quand on sait où Apple en était sur cette question il y a seulement quelques années, on ne peut que se féliciter de l’influence de l’opinion publique sur les grandes firmes multinationales. Greenpeace illustre ainsi que le pouvoir des citoyens est largement aussi efficace que celui des politiques. Espérons que la conférence de Paris (COP 21) confirmera cela.

Sources : Greenpeace – rapports 2012 et 2015 - « clicking clean »