La notion de « véhicule autonome » recouvre aussi bien des véhicules sans chauffeur que des véhicules où le chauffeur dispose de différents systèmes d'aides (conduite automatisée, système de stationnement automatisé par exemple).

Ce n’est pas une utopie puisque des expérimentations ont été faites ces dernières années.

A la Rochelle notamment, dans le cadre du Projet Européen « City Mobil ». Pendant l'été 2011, en première mondiale, des bus autonomes sans chauffeurs, guidés par GPS, ont assurés un service sur une portion de 900 mètres dans la cité portuaire au milieu des piétons et des cyclistes. Plus de 1 000 passagers l’ont emprunté. La plupart ont jugé ce transport facile à utiliser et se sont sentis en sécurité, pour eux-mêmes et pour les autres. Près de 95 % ont jugé qu’il était adapté pour la ville et qu’il pouvait être généralisé à moyen terme. Puis entre novembre 2014 et avril 2015, un minibus autonome de 8 à 12 places a transporté 10 250 passagers sur le trajet campus-port (moins de 2kms).

A l’occasion du congrès mondial des Transports Intelligents qui s’est tenu à Bordeaux en octobre 2015, une C4 Picasso semi-autonome a réalisé les 580 kms séparant Paris et Bordeaux, sans aucune intervention du conducteur. La voiture a automatiquement géré sa vitesse et ses dépassements, en fonction du trafic, de la route et des limitations de vitesse. Cette expérimentation a été possible grâce à une dérogation exceptionnelle du gouvernement car la Convention de Vienne sur la circulation routière (1968) exige la présence d’un conducteur dans tous les véhicules.

Comme pour toutes technologies émergentes, il y a des risques et des opportunités.

On peut y voir la fin du métier de chauffeur de taxis et de bus et donc un secteur d’emploi sinistré, le guidage à distance demandant beaucoup moins de main d’œuvre. On peut aussi craindre la prise en main à distance de ces véhicules par des pirates informatiques malveillants.

Mais dans le même temps, ces technologies ouvrent des perspectives importantes pour baisser le coût des transports en commun, ce qui permettra d’aller chercher des personnes dans tous les coins d’un territoire, même peu dense.

La qualité de vie urbaine sera améliorée avec plus de fluidité du trafic (fini les « chauffards » !) et les villes pourront être libérées des parkings : le véhicule autonome déposant les personnes aux pieds d’immeubles pour ensuite aller se garer en périphérie.

Bien sûr, ces technologies n’en sont qu’à leur début mais l’on peut parier qu’elles seront très présentes d’ici 20 ans dans nos villes et nos campagnes.

Mais l’on pourra parler de véritable progrès si ces véhicules sont pensés pour favoriser le déplacement de tous, à pas cher, en toute sécurité et avec un impact environnemental réduit !