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Flambée des prix : Un cartel pour contrôler le prix du riz
 
Face à la flambée des cours, la Thaïlande, premier exportateur mondial de riz, souhaite s’associer aux pays d’Asie du Sud-Est exportateurs de riz afin de créer un cartel, à l’image de l’OPEP. L’objectif est de contrôler les prix sur le marché mondial afin de lutter contre l’instabilité des cours et ses conséquences.

La création d’une OPEP du riz est l’option envisagée par les pays exportateurs de cette denrée pour faire face à la flambée des prix alimentaires. Les pays d’Asie du Sud-Est (Thaïlande, Cambodge, Vietnam, Laos et Birmanie), dont les exportations représentent 50 % des exportations totales de riz, devraient se réunir prochainement pour étudier la possibilité de créer un cartel, sur le modèle de l’OPEP (Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole), avec l’objectif de contrôler les prix du riz sur le marché mondial.
Cette idée a été avancée le 30 avril dernier par la Thaïlande, le premier exportateur mondial. A la suite du Premier ministre thaïlandais, Samak Sundaravej, le ministre cambodgien de l’Agriculture, Chan Sarun, a estimé que l’établissement d’un prix commun du riz pourrait inciter les pays exportateurs à renforcer leur capacité de production de la nourriture de base, ce qui permettrait de freiner la crise actuelle.

Des exportations déjà restreintes


« Traditionnellement, le riz est consommé là où il est produit, c’est pour cela que l’offre sur le marché international est extrêmement limitée. Il y a des acheteurs qui se retrouvent à court, les prix flambent et c’est ce à quoi on assiste actuellement  », relève Jonathan Pincus, économiste du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) au Vietnam. « Les pays producteurs limitent les exportations car ils sont préoccupés par la situation sur le marché domestique » précise-t-il.
Le Vietnam, deuxième exportateur mondial, a prévu de réduire ses exportations de 4 millions à 3,5 millions de tonnes. L’Inde, troisième exportateur mondial n’exportent plus certaines catégories de riz. L’Indonésie, troisième producteur mondial, n’exportera que lorsque ses stocks dépasseront les trois millions de tonnes.
Si seules 7 % des récoltes de riz font l’objet d’échanges internationaux, contre 20 % du blé et 30 % du soja, ces mesures de restriction des exportations accentuent la fébrilité des marchés, déjà accrues par certains pays importateurs qui achètent des quantités supérieures à leurs besoins par précaution (Philippines, Indonésie ou Nigéria).
Dimanche, la Banque asiatique de développement (BAD) a exprimé, en Espagne, son opposition à la constitution de ce cartel qui pourrait avoir des conséquences négatives sur les vendeurs comme sur les acheteurs. Pour son président, Haruhiko Kuroda, « les marchés agricoles devraient être orientés vers le marché ».



Source : Développement Durable le Journal (7/05/08, Elsa Bellanger)
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