Bien que le changement climatique soit de mieux en mieux pris en compte par le monde économique, l'attention se focalise sur les émissions de gaz à effet de serre (GES), tandis que les conséquences sur la quantité et la qualité de l'eau disponible sont négligées.
La diminution des réserves d'eau douce stockée dans les glaciers et les neiges affectera l'approvisionnement en eau d'un sixième de la population mondiale, en particulier en Chine, en Inde, au Pakistan et aux Etats-Unis. Elle entraînera des sécheresses plus longues, tandis que les besoins augmenteront du fait de températures plus élevées. Des inondations et la montée du niveau des océans affecteront les infrastructures et la qualité de l'eau. Sans oublier la croissance de la population mondiale, autre grand facteur de limitation de la ressource.
Un des risques à envisager est le risque "physique".
Le déclin ou des ruptures dans l'alimentation peuvent compromettre la fabrication, le refroidissement ou le nettoyage des produits. On a l'exemple de l'industrie des semi-conducteurs, qui a besoin de quantités considérables d'eau purifiée, et dont l'essentiel de la production est situé en Asie, particulièrement menacée par le stress hydrique. L'industrie textile est aussi très dépendante : il faut 25 m3 d'eau pour produire les 250 grammes de coton nécessaires à la fabrication d'un tee-shirt.
Le refroidissement des centrales nucléaires et thermiques demande également de grandes quantités d'eau. Leur fonctionnement a déjà partiellement été interrompu, en France lors de la canicule de 2003, ou dans le sud-ouest des Etats-Unis en 2007, par manque d'eau. La problématique de l'eau nous rattrapera probablement avant celle de l'énergie! (Source : Le Monde)