Selon des associations écologistes locales, près de 500 monts auraient ainsi disparu au cours des vingt dernières années, pour laisser la place à de vastes mines à ciel ouvert. Certaines de ces mines ont l'étendue de villes comme Washington. La roche détachée à l'explosif est poussée vers le fond des vallées, où elle tarit les cours d'eau. Les produits chimiques utilisés pour les explosions polluent les lacs et les sources de montagne, et génèrent des particules nocives lorsqu'on les respire. La forêt recouvrant les cimes des Appalaches, l'une des plus anciennes et des plus riches au monde, est systématiquement rasée avant chaque explosion. Les arbres ne sont même pas ramassés. Comme les cailloux, ils sont poussés vers les vallées, pour y être brûlés.

L'exploitation du charbon dans les Appalaches est la principale source d'emplois en Virginie occidentale depuis 150 ans. Encore à l'heure actuelle, peu d'alternatives existent, et les salaires élevés proposés par les compagnies minières attirent de nombreux travailleurs locaux. Face aux associations de défense de l'environnement, l'industrie charbonnière n'a aucun mal à trouver des soutiens parmi la population et les élus de la région. Condamnée plusieurs fois au cours des dernières années pour violation de la loi sur la protection des cours d'eau, elle continue toutefois d'obtenir de nombreux permis d'exploitation.

Le charbon est en effet une ressource stratégique pour les Etats-Unis, qui disposent du quart des réserves mondiales et produisent la moitié de leur électricité à partir de cette matière première. Toutefois, Barack Obama vient de s'opposer à une législation de dernière minute de l'administration Bush autorisant le rejet de débris de montagne dans les cours d'eau. En outre, l'Agence américaine de protection de l'environnement a indiqué qu'elle réexaminerait un certain nombre de permis miniers en cours de délivrance. Un répit qui n'entamera sûrement pas la soif d'or noir, celui que l'on appelle aux Etats-Unis "King coal".