On assiste à la même comédie déplorable autour d’une question qui mériterait un vrai débat entre scientifiques qui se respectent et déploient clairement les arguments qui les font pencher d’un côté ou de l’autre. Au lieu de cela, on assiste à des attaques personnels plus au moins orchestrées par des officines à la solde de grands lobbies comme le désormais fameux «climate gate» opportunément révélé un mois avant la conférence de Copenhague. En fait, des extraits de courriels échangés entre spécialistes du GIEC sur des aspects mineurs; attaques du même niveau que celles portées contre certaines approximations ou références improbables, relevées dans le dernier ouvrage de Claude ALLEGRE qui, tout approximatif et polémique qu’il puisse être, mérite mieux que cela.

Dans la même foulée; depuis quelques semaines je vois passer des présentations sur diapositives qui taillent en pièces la théorie selon laquelle l’homme serait responsable du changement climatique. Il faut bien reconnaître que ces présentations sont pour le moins troublantes et ne manquent pas à priori d’arguments convaincants. Après tout, chacun a le droit d’avoir son opinion et de l’exprimer. N’étant pas moi-même scientifique, je ne peux qu’attendre la contradiction du camp d’en face pour me faire une idée ; remarquant au passage qu’elle tarde à venir.

Cette position tout à fait respectable mériterait cependant mieux que de verser dans l’attaque personnelle ou des accusations «a priori» de bidonage volontaire sur fond de théorie de complot international

Ne nous faisons pas d’illusion, d’un côté comme de l’autre, ces positions permettent aux opportunistes de servir leurs intérêts privés : les énergies "décarbonées" et notamment le nucléaire d’un côté, les hydrocarbures de l’autre avec des particularismes locaux comme l’opposition à la taxe carbone dans notre cher hexagone…

Au delà de cette écume, la question de fond demeure et il serait passionnant d’en suivre les débats A CONDITION QUE l’énergie consacrée à cela ne nous fasse pas oublier la menace qui se présente à nos portes:

  • La chute de la biodiversité,
  • La raréfaction de l’eau douce,
  • La perte des sols cultivables.

Nous survivrons à un changement climatique; pas à la perte d’un de ces trois éléments. Les sociétés qui se sont effondrées sont celles qui n’ont pas tenus compte de cela.

Le débat oui, la querelle byzantine, non; surtout quand l’ennemi est à nos portes. Serons-nous tirer des leçons de l’histoire?

Rien n’est moins sûr.