Pour obtenir du ciment, il faut chauffer à environ 1 500°C du calcaire dans de gigantesques fours. Globalement, on estime que les cimentiers émettent au total, 2 milliards de tonnes de CO2 par an, soit 5% des émissions annuelles de la planète.

L’idée de base de ce nouveau produit est simple. Plutôt que d’utiliser de la chaux comme principal composant, les chercheurs britanniques lui préfèrent les silicates de magnésium. Ce changement de formulation a deux conséquences positives:

Pour obtenir ce nouveau ciment, 650°C suffisent. Ce qui fait baisser de 20% la quantité d’énergie nécessaire (500 kg CO2 par tonne de ciment au lieu de 600 à 800 kg.)

Mais la vraie avancée, c’est que durant toute sa vie, ce ciment va absorber le dioxyde de carbone présent dans l’air ambiant ; une tonne de béton absorbera environ 1,1 tonne de dioxyde de carbone. Si l’on retranche la demie tonne de CO2 émise lors de la fabrication, le bilan reste tout de même positif : chaque tonne de ciment coulée évite l’émission de 600 kg. de gaz carbonique.

Cette avancée technologique permettra selon les créateurs, à l’industrie cimentière de passer de l’état d’émetteur significatif de CO2 à l’état d’absorbeur significatif. Le gouvernement britannique vient d’accorder 1,5 million de livres à la jeune société pour qu’elle réalise un site pilote. Un groupe d’industriels suit de près les recherches de la «jeune pousse». Quant à la question de la disponibilité des silicates de magnésium, les réserves mondiales sont estimées à 10 000 milliards de tonnes, selon les spécialistes. Par ailleurs, de nombreuses industries utilisant déjà ce matériau. Les responsables du projet songent à réutiliser leurs déchets de fabrication. Un ciment issu d’un produit de recyclage; tout les espoirs sont permis…