Consommées à domicile ou en hôpital, ces molécules thérapeutiques se retrouvent in fine dans les eaux usées. Et leur concentration ne cesse de croître. Comme le souligne le docteur Patrice Halimi, secrétaire général et co-fondateur de l'Association Santé Environnement France, « aujourd'hui, avec le développement de l'hospitalisation à domicile et de l'auto-médicamentation, tout le monde est potentiellement émetteur de résidus médicamenteux. Du coup, on retrouve, à la sortie des stations d'épuration, des traces d'antibiotiques, de béta-bloquants, d'antidépresseurs, d'anti-inflammatoires... ».

Les trois types de molécules les plus présentes dans nos cours d'eau sont en fait les œstroprogestatifs, liés à la consommation des pilules contraceptives, les tranquillisants, la France étant le plus gros consommateur d'antidépresseurs au monde, et les anti-cancéreux, du fait du développement de l'hospitalisation à domicile.

Or, non seulement ces médicaments sont conçus pour être actifs à faible dose, mais en plus, ils présentent une biodégradabilité très variable (de 10 à 90%). Autrement dit, leur présence dans les eaux, même à faible concentration, peut s'avérer toxique sur le long terme. Plusieurs études scientifiques soulignent déjà l'impact de ces cocktails de molécules sur la faune et la flore aquatiques, certaines espèces présentant une féminisation de leurs caractères sexuels;en revanche, l'effet sur la santé humaine reste mal connu.

Si l'impact environnemental des médicaments est pris en compte dans les procédures d’autorisation de mise sur le marché, «cette évaluation n'est pas un critère déterminant pour l’obtention de l’autorisation : les autorités peuvent valider l'AMM quels que soient les résultats » selon les responsables de l’association. Tout au plus exige-t-elle des mesures de précaution, telles que l’incitation à retourner les médicaments non utilisés à la pharmacie pour incinération.

Un dispositif qu’il serait souhaitable de renforcer pour le plus grand bien de tous...

Source : Novethic 2009