La moitié d’entre eux vivant dans les villes, on assiste à l’émergence d’une véritable agriculture en zone urbaine. En témoigne l'essor du marché des outils de jardinage auprès d'une population urbaine de 25 à 35 ans. La fréquentation des sites web spécialisés dans les graines végétales a progressé de 280 % rien qu’en une seule année.

Cela veut dire plus de 6 000 visites quotidiennes de clients à la recherche de graines et d'outils permettant de transformer leur balcon en potager.

Dans une note récente, Susan Evans, fondatrice de l'association Good to China, relève que des expérimentations d'agriculture urbaine sur les toits, dans les caves ou à la verticale, donnent des résultats intéressants, même si ce phénomène reste très marginal. Il est cependant vu comme une solution dans les prochaines années notamment là où les terres arables sont rares et la population dense, particulièrement dans les nouveaux centres urbains de Chine.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le gouvernement est favorable au développement de ces potagers d'appartement, davantage pour inciter à un mode de vie plus " vert " que pour régler la question de la sécurité alimentaire d'un pays qui compte 22 % de la population mondiale avec seulement 7 % des terres arables de la planète.

En septembre 2010, les autorités de Pékin avaient offert aux résidents de la capitale des graines et des engrais pour promouvoir «un mode de vie sain et à faible intensité carbone». Cette pratique se heurte cependant au prix, bien trop élevé au goût de la classe moyenne, du mètre carré dans les grandes villes. Seuls les plus aisés peuvent actuellement louer un terrain à la lisière de ville comme Shanghaï ou Hangzhou.

L’autre frein culturel est la perception commune parmi les cols-blancs chinois selon laquelle l'agriculture reste encore une activité de pauvres.

Cette mentalité ne manquera pas d’évoluer ; il suffit d’observer partout dans le monde les progrès de l’agriculture urbaine au fur et à mesure que la terre devient rare et surtout que , dans les grande villes déshumanisées, le besoin de contact avec la nature se fait de plus en plus pressant.

Source : Le Monde