Dans un article paru dans "Les Echos" en date du 4 janvier dernier, Michael JACOBS, expert sur le changement climatique et l’environnement à la London School of Economics stigmatise ceux qui s'opposent au changement, en affirmant que les emplois « verts » seraient trop coûteux ; argument massue en cette période de disette budgétaire...

Selon eux, ces emplois « verts » détruiraient de vrais emplois ; une étude espagnole de 2009 aurait même « montré qu'un seul emploi "vert" créé avec des subventions publiques détruit 2,2 emplois marchands ».

Peu importe si cette étude a été remise en cause par le « Wall Street Journal » et une contre-étude identifiant "de sérieuses défaillances méthodologiques" et un « manque de transparence et de statistiques à l'appui de ses conclusions »...

Le mal est fait et "l'info" est reprise en boucle par les climato-sceptiques de tout bord pour affirmer que les énergies fossiles comme le charbon ou le pétrôle génèrent d'avantage d'emplois que les énergies renouvelables. Plus c'est gros, plus ça passe...

"Ne changeons rien en période de stagnation de l'économie, ça casserait l'emploi ; ne changeons rien en période de croissance, ça casserait la croissance" et nuirait notre compétitivité...

Il aurait matière à s'inquiéter si ce discours prenait pied au moment où la France s'attelle à débattre sérieusement de "la transition énergétique" et de l'espoir de croissance durable, d'innovation et de création d'emploi qu'elle porte en elle. Plus que du courage, il faudra de la vision à nos responsables politiques et économiques pour prendre le risque du changement contre celui du conservatisme.
N'ayons pas peur des mots, l'Europe est à la croisée des chemins sur ce sujet. Soit elle sera capable d'assurer son indépendance grâce à des technologies innovantes, soit elle sera ballotée entre des États Unis indépendants au plan énergétique et une Asie avide de ressources allant en se raréfiant.

La peur a pour effet de paralyser ou de provoquer un sursaut salvateur. Souhaitons en ce début 2013 que la France se jette avec enthousiasme dans cet inconnu prometteur plutôt que de se recroqueviller au fond de son esquif ballotée au gré des vents extérieurs.

L'histoire montre qu'il y a toujours plus de danger à rester immobile plutôt que d'avancer.