Bien sûr, les consommateurs ont leur part de responsabilité ; trop d'achats insuffisamment pensés, faits sous le coût de l'émotion. On se jette sur des offres du genre "deux pour le prix d'un" sans se poser la question de savoir s'il l'on en a réellement besoin...
Résultat, aux Etats-Unis par exemple, "jusqu'à la moitié de la nourriture achetée est jetée par le consommateur lui-même".

Si le consommateur a certes une responsabilité, le système de distribution n'est pas là non-plus pour lui faciliter les choses ! On le dit exigent sur calibrage des produits, ce qui conduirait à une sélection rigoureuse et beaucoup de déchets. En est-on si sûrs? A part pour une minorité sur qui la crise n'a que peut d'effet, la plus grande majorité des consommateurs privilégient d'avantage la qualité du produit ou sa provenance, plutôt que son esthétique.

Le gaspillage est avant tout une question d'organisation des circuits de vente et de distribution ; rien n'empêche comme c'est la cas en Angleterre, d'offrir le "2ème" avec la possibilité de le récupérer le lendemain.

Il devrait être possible d'organiser en véritables "filières" le recyclage des invendus de marché ou de supermarché en partenariat avec des organisations non-gouvernementales pour les proposer à des publics défavorisés à des conditions intéressantes ; organiser également des circuits de récupération toujours avec les mêmes organisations, pour réutiliser ces invendus sous d'autres formes. Tout cela se fait déjà mais pas encore à l'échelle industrielle.

A l'échelle de la planète, ces aliments gaspillés nécessitent quand même 550 milliards de mètre cube d'eau pour les faire pousser.

Dans le "sud", ce sont les conditions de stockage défaillantes qui entraînent des pertes alimentaires colossales.

Ce gâchis de terre utilisées, d'eau, et d'énergie n'empêche pourtant pas la malnutrition puisqu'entre 2010 et 2012, 860 millions de personnes souffraient de malnutrition, selon l'organisation de l'ONU pour l'agriculture et l'alimentation (FAO).

En 2075, la population mondiale atteindra environ 9,9 milliards d'habitants selon l'ONU, soit environ 2,9 milliards de consommateurs supplémentaires. Ce qui est gaspillé permettrait d'en nourrir plus des 2/3 !

Source : L'Expansion.com avec AFP